Sobriété numérique (GreenIT) : Vos leviers d’action pour réduire votre empreinte environnementale

Pour une vie numérique respectueuse de soi et des autres

Temps de lecture : 43 minutes

Table des matières

Introduction

Selon une étude (1), en 2019, le numérique mondial a été responsable 3,8 % des émissions mondiales de GES (Gaz à Effet de Serre), soit 1400 millions de tonnes de GES en 2019 (2). Les GES issus du numérique, dont le fameux CO2, proviennent de l’ensemble de la chaîne du numérique : production, fonctionnement, entretien, recyclage. Ce chiffre grandit bien sûr d’année en année, car nous sommes de plus nombreux et parce que le numérique est de plus en plus omniprésent. Ce phénomène est constamment aggravé par la surconsommation, la mondialisation, sur fond d’IA, de Métavers, de Bitcoin, etc.

Selon un article de blog de Tristan Nitot (3), dans le trio « Utilisateurs / Réseaux / Data Centers », ce sont de loin les utilisateurs qui consomment le plus d’énergie, engendrent le plus de GES, polluent le plus d’eau, consomment le plus de ressources.

Les utilisateurs, c’est nous !

(1) https://www.greenit.fr/etude-empreinte-environnementale-du-numerique-mondial/
(2) Ce chiffre est à considérer avec prudence ; n’importe quelle étude ou statistique, n’engage que ses auteurs. Néanmoins, elles donnent toutes des ordres de grandeurs considérables de ce genre.

(3) Source : https://www.standblog.org/blog/post/2021/10/20/Num%c3%a9rique-et-climat-se-focaliser-sur-ce-qui-est-important

Alors, à part tuer les 3/4 des gens sur terre et revenir à l’age de pierre, que faut-il faire ?

Numérique : Retour à l'âge de pierre ?

Commençons par dire qu’il y a bien d’autres activités humaines qui produisent du CO₂ en masse… donc tuer le numérique ne résoudrait qu’une partie seulement de notre problème … sachant que « résoudre » n’est pas un terme approprié, car réduire drastiquement et immédiatement nos émissions de GES à l’échelle mondiale ne feraient que « stabiliser » le climat dans quelques décénies (*), pas avant. Pour atteindre nos objectifs de réduction des émissions des GES (et garder notre planète « en l’état), des changements d’habitudes doivent avoir lieu dans bien des domaines : transports, alimentation, tourisme, construction, énergies, … et numérique. Le numérique doit ainsi être plus sobre, plus raisonnable, plus étique, plus vert ! L’ironie du sort est que le numérique est un outil nous aidant à sensibiliser les gens à travers le monde (éducation, journalisme, politique), et à trouver certaines solutions à notre problème (ingénieurie, météorologie, recherche, etc). Alors disons qu’un effort dans tous les domaines peut et doit être fait, reposant sur les épaules de chacun d’entre nous, selon nos capacités, même modestes. Chaque humain doit apporter sa pierre à l’édifice, donc, au boulot (!), et voyons ensemble comment pratiquer un numérique plus sage.

(*) – Il n’y aura jamais d’inversion du dérèglement climatique visible à l’échelle humaine, car il faudrait attendre 10.000 ans après arrêt de 100% des émissions de GES (le truc impossible sauf l’espèce humaine disparaissait de la surface de la terre) pour que le surplus de CO2 (dont nous sommes responsables) disparaisse de notre atmosphère. Autrement dit, le climat et les températures que vous avez connu il y a 10, 20, 30, 40 ans et au delà ne reviendront plus. Elle est pas belle la vie ?!

Alors que faire et comment le faire ?

Alléger le cloud

Poids des photos et vidéos issues de vos smarphones et tablettes

Les smartphones vous permettent désormais de photographier et de filmer dans des très hautes résolutions. C’est ce qu’on appelle le « progrès », c’est certain, par rapport à ce que l’on faisait il y a 5 ou 10 ans, et au-délà avec nos caméscopes qui enregistraient sur cassette. Mais ce progrès est-il nécessaire pour filmer votre chat faire des cabrioles ou votre enfant faire du vélo devant la maison, aussi minion soit-il ? Ce sont de beaux moments à immortaliser, certes, mais il n’est pas nécessaire que votre enfant soit filmé en 4K et 60 images par seconde. Je suis désolé de vous le dire, mais filmer en 4K ne doit avoir de sens que pour les professionnels ou les amateurs avertis, mais pour le reste, autrement dit dans la très grande majorité des cas pour la très grande majorité des gens, ce n’est pas justifié. Des tests menés sur https://www.magazinevideo.com/test-en-ligne/combien-pesent-les-fichiers-fullhd-4k-8k/39995.htm indiquent, selon les paramètres choisis, qu’une vidéo UHD 4K pèse environ de 375 Mo par minute ! Quant aux photos, sérieusement, quel est l’intérêt de prendre des photos de 200 Mégapixels (*) avec votre dernier Samsung Galaxy S23 ? C’est à mon avis totalement délirant et n’a d’intérêt que si vous avez prévu de les imprimer puis encadrer sur un 4 par 3 en ville (**)

Votre action : Alors, êtes-vous prêts à prendre de bonnes résolutions ? Sachez donc que le changement de résolution des photos et vidéos se change dans les paramètres de l’application avec laquelle vous photographiez et filmez, tous simplement. Ainsi, les photos et vidéos envoyées automatiquement sur le cloud par votre smartphone ou votre tablette seront plus légères.

(*) – … alors que « seulement » 20 Mégapixels, soit 10 fois moins, sont encore presque trop dans une bonne partie des cas
(**) – … et encore, les publicitaires ne s’embêtent pas avec de telles résolutions dans ce contexte d’affichage

Faire régulièrement le ménage dans vos photos et vidéos

Suppression

Sauf exception, un smartphone ou une tablette envoie automatiquement toutes les photos et vidéos prises par son propriétaire dans le cloud de Google ou d’Apple (ou autre cloud).

Des photos et des vidéos ratées ou sans intérêt, ou en doublons, ou même prises par erreur… nous en faisons tous, rassurez-vous. L’erreur serait cependant de les conserver.

Votre action : Supprimez donc toutes ces photos et vidéos qui n’ont pas lieu d’être, à intervalles réguliers dans le temps, ou aussi par exemple de retour de voyage durant lequel vous avez mitraillé. Ne gardez que l’essentiel ! (les fichiers sont à supprimer sur le cloud mais aussi, selon les règlages de téléversement automatique, sur votre smarphone ou tablette)

Archivage

Votre action : Une fois par an par exemple, téléchargez sur votre ordinateur toutes les photos et vidéos que vous avez conservées jusqu’alors sur le cloud et veillez à ce qu’elles soient sauvegardées sur vos supports de sauvegarde locaux habituels, et supprimez-les du cloud (*).

(*) – J’en profite pour vous conseiller de ne pas prendre votre cloud pour une unité de sauvegarde

Le but de cette opération est de ne pas faire grossir indéfiniment vos données sur le cloud. Et si vous me dites « oui, mais si jamais je veux montrer à quelqu’un une vidéo de mon chat qui fait des cabrioles ? », eh bien je vous répondrais que ce n’est pas indispensable et que c’est à mon humble avis la sobriété numérique qui prime ! (vous lui montrerez la vidéo une prochaine fois chez vous, ou en lui envoyant par mail plus tard, si elle est à ce point-là incontournable)

Streaming vidéo et musical : Réduire l’usage de la bande passante

Le numérique, ce sont aussi des infrastructures qui parcourent le monde, et consomment beaucoup d'énergie.

Lorsque vous regardez des vidéos ou écoutez de la musique sur les plateformes de streaming, ces dernières vous sont fournies en haute, voire très haute qualité. Seulement cette haute qualité n’a pas d’intérêt dans la plupart des cas. Avant de rentrer dans de détail, sachez que plus vous visionnez des vidéos ou écoutez de la musique en haute qualité, plus cela aggrave votre empreinte carbone, car cela nécessite :

  • plus de bande passante (consommation énergétique accrue des infrastructures de transport des données)
  • plus de puissance de calcul sur votre ordinateur / smartphone / tablette pour lire le média
  • plus de serveurs pour stocker des fichiers plus volumineux

Streaming vidéo

Sur Youtube, Peertube, DailyMotion, Viméo, … la résolution de lecture des vidéos est choisie automatiquement parmi celles disponibles, en fonction de la résolution de votre écran, de votre débit internet, et bien sûr de la résolution native (maximale) de la vidéo.

Sur toutes les plateformes mentionnées, il est possible de forcer la résolution, c’est-à-dire de quitter le mode automatique. Ainsi, vous pouvez la baisser pour réduire votre empreinte carbone car cette action diminue le besoin de bande passante, de puissance de calcul et de stockage dans les data-center.

Il ne s’agit pas de la mettre au minimum (ne soyons pas masochistes tout de même), mais de trouver un bon compromis entre réduction de l’usage de la bande passante et qualité visuelle. Forcément, l’image sera un peu moins fine, mais pour la majorité des usages, il n’y a pas de raison d’être au-delà de 720 px (je m’en contente dans la majorité des cas), voire 1080 px. Idem pour le nombre d’images par secondes (FPS) ; il n’est pas vital du tout de visionner les vidéos en 60 images par seconde. On ne va pas se mentir, une vidéo en 720 px et 30 images par secondes, est moins plaisante à regarder qu’en 1080 px (et au-delà) et 60 images par secondes, mais… honnêtement, dans la majorité des cas, pour la majorité d’entre nous, ce n’est pas crucial, non ? Et puis, ce n’est qu’une question d’habitude en réalité, si l’on réfléchit bien. Non ?

Votre action : Baissez la qualité des vidéos que vous visionnez. Cette action diminue le besoin de bande passante, de puissance de calcul et de stockage dans les datacenter (*).

(*) – Votre action n’aura pas d’impact direct sur les datacenter, mais c’est une histoire de principe. Si la majorité des gens s’évertuaient à réduire la qualité des vidéos, on pourrait imaginer de façon utopique que les plateformes en viendraient à ne plus stocker de vidéos aussi lourdes sur leurs serveurs, car devenues inutiles.

Streaming musical

Sur Spotify, Deezer, Qobuz, … vous avez désormais accès à de très hautes qualités d’écoute, et cette écoute « HD », ou « HiFi », voire « Hi-Res » / « 24 bit », selon la plateforme et le forfait choisi… n’a pas d’utilité pour la majorité d’entre nous dans la majorité des cas.

La plupart d’entre nous sommes incapables de percevoir la différence entre différents niveaux de qualités sonores, car la majorité d’entre nous :

  • n’a pas l’oreille suffisamment experte pour déterminer si un son est plus qualitatif qu’un autre. Pour la sentir, il faut savoir ce que sont le spectre sonore, la compression du son, la dynamique du son, … pour évaluer la qualité sonore. Il faut aussi savoir quoi chercher dans un son pour évaluer s’il est qualitatif ou pas. Tout cela nécessite un entrainement de votre oreille et donc un certain niveau d’expertise dans le domaine.
  • n’a pas d’équipement audio adapté : Lire un fichier sonore « HD » voire « Hi-Res 24 bit » sur un smartphone lambda avec des écouteurs lambda est une hérésie, car la qualité du son sera copieusement dégradée par votre équipement lambda avant même d’arriver à vos oreilles. Idem si vous écoutez le morceau en question sur une chaîne Hi-Fi lambda achetée à prix doux chez Darty, ou sur votre ordinateur avec sa carte son dont la même puce audio bon marché qui équipe 90% des ordinateurs.

En d’autres termes, pour qu’une écoute en très haute qualité ait du sens (et que vous puissiez un jour en jouir), vous devez acquérir de l’expérience d’écoute ET le matériel adéquate.

Votre action : Baissez la qualité de la musique que vous écoutez. Cette action diminue le besoin de bande passante, de puissance de calcul et de stockage dans les datacenter (*).

(*) – Votre action n’aura pas d’impact direct sur les datacenter, mais c’est une histoire de principe. Si la majorité des gens s’évertuaient à réduire la qualité de ce qu’ils écoutent, on pourrait imaginer de façon utopique que les plateformes en viendraient à ne plus stocker de vidéos aussi lourdes sur leurs serveurs, car devenues inutiles.

Télécharger en local plutôt que streamer de multiples fois

Pour économiser de la bande passante, vous pouvez aussi télécharger les quelques films, séries et musiques préférés que vous comptez regarder / écouter régulièrement. Ainsi, vous ne consommerez de la bande passante qu’une fois ! Ce genre d’option est surtout disponible sur les terminaux mobiles sous Android et iOS. Pour les films et séries, cette option est par exemple disponible chez Netflix, Disney+ (et probablement chez d’autres).

Ne confondre cependant la mise en « favoris » (ou « liste » comme chez Netflix) et le téléchargement local.

Votre action : Sur votre smartphone ou votre tablette, téléchargez en local vos vidéos et musiques favorites pour ne consommer de la bande passante qu’une fois. Cette action diminue le besoin de bande passante.

Systèmes d’exploitation alternatifs (Logiciels Libres, Open Source) : Faire durer le plus possible vos équipements

En quelques mots, qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Nés en 1983 grâce à Richard Stallman, le « logiciel libre » est une des clés incontournables du numérique sobre et responsable, permettant de réduire la production de Gaz à Effet de Serre, dont le CO₂.

Par sa philosophie, le logiciel libre place l’Humain en son centre en garantissant à tous 4 libertés informatiques fondamentales :

  1. la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;
  2. la liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins ;
  3. la liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies) ;
  4. la liberté d’améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre

Est induite par cette philosophie une volonté de rendre le plus longtemps possible les logiciels libres avec les environnements dans lesquels ils sont amenés à fonctionner ; environnement logiciel et environnement matériel. Le logiciel libre est par nature exempte de toute obsolescence programmée.

Étude de cas d’un stéréotype de l’obsolescence programmée : Microsoft Windows 11

Note préalable : Un système d’exploitation est le logiciel qui joue le rôle de chef d’orchestre au sein de votre ordinateur, smartphone, tablette… Sans lui, rien ne se passe, car c’est lui qui permet l’affichage des fenêtres et des icônes, et c’est lui encore qui permet d’installer et de faire fonctionner tous vos logiciels, votre souris, votre imprimante, la dalle tactile de votre smartphone, etc.

Comme indiqué, je vous parle du cas « Windows 11 », logiciel propriétaire édité par Microsoft, donc la récente arrivée sur le marché du logiciel, est un désastre informatique et écologique planétaire : Le système d’exploitation Microsoft Windows 11, dont la première version date de 2021 requiert minimum un processeur Intel Core de 8ème génération ou AMD Ryzen de 2nde génération, c’est-à-dire des processeurs de 2018, pas avant. Autrement dit, si vous vous êtes saignés pour acheter un superbe ordinateur portable en 2017, peu importe son prix, il restera bloqué à Windows 10 en 2025 (dernière année de support de Windows 10). Pourtant, il ne sera pas question de dire qu’une machine de 2017 sera bonne pour la poubelle en 2025. Avec un disque SSD et suffisamment de RAM (sans dire énormément), il n’y a aucune raison de la mettre au rebu ! Nous sommes donc bien face à un désastre informatique, écologique, et par extension, éthique. Pourtant, Microsoft vous expliquera toujours avec d’habiles discours pourquoi il faut passer à Windows 11 … sécurité, performances, fonctionnalités, IA… la soupe habituelle de marketing (et de lobbying à peine maquillé), que l’on appelle aussi « obsolescence logicielle programmée ». Par effet domino, cette obsolescence logicielle engendre à son tour une obsolescence matérielle gravement très prématurée.

L'obsolescence logicielle induit une obsolescence matérielle.

En comparaison, qu’apporte système d’exploitation libre « GNU/Linux » ?

À l’inverse de Windows en général, le système d’exploitation libre « GNU/Linux » est connu pour rester le plus longtemps possible compatible avec les équipements informatiques, car, en son fondement, il n’est pas régi par la recherche de profit (*). À titre d’exemple, la toute dernière version de la distribution (**) « Ubuntu » (qui est depuis près de 15 ans la plus populaire des distributions), requiert encore aujourd’hui au minimum un simple processeur double coeur (dual core). Sachez que les processeurs double cœur sont apparus sur le marché en 2005, c’est à dire il y a 18 ans, au moment où je rédige cet article. Certaines distributions GNU/Linux sont même toujours disponibles en version 32 bit pour les processeurs encore plus anciens comme mes premiers Pentium ou même les 486 !

(*) – Il est possible de faire du profit « sur le dos » des logiciels libres, mais le modèle économique est différent. Comprenez aussi que GNU/Linux et les logiciels libres en général sont au service de l’Humain et pas le contraire. Cela constitue un sujet à part entière.
(**) – Le système d’exploitation GNU/Linux existe en de multiples variantes (comme des familles distinctes), donc certaines d’adresses aux débutants comme « Ubuntu ». Ceci est aussi un sujet à part entière, mais j’en parlerai un peu plus, plus bas dans la page.

En dehors de cet aspect « compatibilité matérielle », GNU/Linux est un système d’exploitation qui consomme, sur le terrain, « vraiment » peu de ressources. Dans la vie réelle (*), regardez combien consomme un Windows 10/11 en comparaison de GNU/Linux, et vous comprendrez. CPU, RAM, réseau… tout est plus calme et, par conséquent, consomme moins d’énergie et chauffe moins. Votre disque dur lui aussi travaille beaucoup moins, contrairement à Windows qui le fait travailler presque sans cesse pour faire tourner une véritable usine à gaz.

(*) – En mettant de côté les prérequis matériels officiellement indiqués et autres tests théoriques

J’ajouterai que GNU/Linux n’est pas sujet à l’encrassement, contrairement à Windows qui a toujours eu cette tendance, ce qui n’est un secret pour personne ; après des années de fonctionnement, une machine équipée de GNU/Linux tournera aussi vite qu’à ses débuts. Avec Windows, à moins d’être un utilisateur averti (qui aura la culture et les connaissances pratiques informatiques nécessaires), l’encrassement à long terme du système est inéluctable, alors que l’ordinateur lui-même sera en parfait état de fonctionnement (d’un point de vue matériel). Lorsqu’un ordinateur Windows est lent, croyez en mon expérience, il faut incriminer dans la très grande majorité des cas le système d’exploitation qui vieillit mal, mais pas le matériel.

Vous l’aurez compris, le système d’exploitation libre GNU/Linux permet d’utiliser longtemps, voire très longtemps votre matériel informatique, avant d’être contraint de le renouveler.

Une histoire de vécu : À titre personnel et professionnel, il m’est arrivé de voir mon (vieux) matériel informatique « claquer » (carte mère, disque dur…), alors que mon système d’exploitation GNU/Linux était parfaitement opérationnel. Avec Microsoft Windows, vous avez bien plus de chances que l’inverse se produise (système devenu inutilisable et/ou arrivé en fin de support… tandis que le matériel est en parfait état).

Comment passer à GNU/Linux ?

Par quoi commencer ?

La première étape, c’est le choix d’une distribution. Une distribution est une version de GNU/Linux et il en existe plein… un peu comme des marques de produits. Chacune a des particularités et ne s’adresse pas aux mêmes utilisateurs finaux. Certaines sont faites pour les débutants, d’autres pour les experts, d’autres donc dédiées à des secteurs d’activités particuliers. Dans les années 90 sont nées les distributions mères que sont, si je n’en ai pas oublié, Slackware, Arch Linux, Debian, RedHat, et SUSE Linux. Chacune de ces distributions ont ensuite inspiré de nouveaux projets de distributions basées sur ces dernières.

Par exemple :

  • la distribution « Zorin OS » (créée en 2009) est basée sur « Ubuntu » (créée en 2004), qui elle-même est basée sur « Debian » (créée en 1993)
  • la distribution « Manjaro » (créée en 2012) est basée sur « Arch Linux » (créée en 2002)
  • les distributions « Xubuntu » (créée en 2006), et « Kubuntu » (créée en 2005) sont basées sur « Ubuntu » (créée en 2004)
  • Edubuntu (distribution dédiée à l’éducation scolaire), Ubuntu Studio (distribution dédiée à la création numérique audio, vidéo ou graphique), ou encore Gendbuntu (distribution spécialement adaptée aux usages de la gendarmerie nationale française), sont toutes basée sur « Ubuntu » (créée en 2004), qui elle-même est basée sur « Debian » (créée en 1993)

Des cas comme ceux cités ci-dessus, il y en a des centaines. C’est la magie du « CopyLeft » imaginé par Richard Stallman en 1983 ! Ainsi, l’écosystème de GNU/Linux (et l’écosystème du logiciel libre en général) est très varié. On peut ainsi parler d’un patrimoine génétique d’une richesse incroyable, par opposition à la monoculture logicielle entretenue par Microsoft ou Apple.

Voici la frise chronologique des distributions GNU/Linux apparues (et disparues pour certaines) des années 90 à aujourd’hui : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1b/Linux_Distribution_Timeline.svg

Frise chronologique des distributions GNU/Linux.
Capture d’écran de la frise en question. Chaque distribution mère a fait beaucoup de petits !

Comment choisir et installer sa distribution GNU/Linux ?

Voici tout d’aboard un site qui vous aidera à choisir votre distribution en fonction de vos compétences, de votre configuration matérielle, de vos compétences en informatique et vos besoins : https://distrochooser.de/fr

Concernant l’installation, je ne vous indiquerai pas ici comment le faire, car cela pourrait aussi largement faire un sujet à part entière (encore un sujet à part entière !), surtout que vous les distributions ne s’installent pas toutes rigoureusement de la même manière.

Bon à savoir :

  • installer une distribution comme Ubuntu (distribution grand public) n’est en réalité pas plus compliqué qu’installer Windows ; c’est même à mon avis plus simple et surtout plus rapide
  • beaucoup de distributions GNU/Linux peuvent être testées en grâce à une clé USB de démarrage, afin de tester son interface utilisateur et d’évaluer sa compatibilité avec votre matériel (là aussi, je vous laisse vous documenter), sans toucher au Windows déjà en place sur l’ordinateur

Si malgré tout, vous pensez ne pas pouvoir faire cela par vous-même (il n’y a pas de mal !), cherchez un geek dans votre entourage ou une association d’utilisateurs de logiciels libres qui organise périodiquement des « Install Party« . Certaines sont notées sur ce site : https://www.agendadulibre.org/. Voir aussi cette liste des GUL (Groupe d’Usagers Linux) : https://aful.org/gul/liste

Des ordinateurs vendus directement avec GNU/Linux, ça existe !

Sachez qu’il existe aussi des ordinateurs avec GNU/Linux préinstallé à la place de Windows ; voici une liste non exhaustive :

Certains fabricants d’ordinateurs ou commerces en ligne (ex : LDLC), à défaut de proposer des ordinateurs préinstallés avec GNU/Linux, proposent des machines « sans système d’exploitation ». Cela vous permettra d’acheter la machine moins cher (car il n’y a pas de licence Microsoft à payer dans la facture globale). À vous ensuite d’installer par vos propres moyens ou avec l’aide de quelqu’un votre distribution GNU/Linux (ex : Ubuntu).

Avant d’acheter un ordinateur, qu’il soit neuf ou d’occasion, vous devez toujours vous assurer qu’il sera compatible avec votre distribution ; si ce n’était pas le cas, testez-en d’autres. Sachez que, contrairement à ce que dit une idée reçue très tenace, GNU/Linux est compatible avec un très grand nombre d’ordinateurs. Cependant, avec les plus récents, il faudra être un peu plus prudent. En effet, concernant les composants informatiques qui viennent tout juste de sortir des chaînes de production, il faut laisser le temps à la communauté de faire le travail d’ingénierie inversée nécessaire pour que le noyau Linux reconnaisse les tout derniers processeurs, cartes graphiques… Sachez que des ordinateurs sont « certifiés Ubuntu » en termes de compatibilité matérielle ; voici la page web qui les répertorie : https://ubuntu.com/certified

Car l’achat d’un ordinateur va souvent de pair avec une imprimante, je vous recommande vivement de privilégier la marque HP (Hewlett Packard) qui fait depuis près de 20 ans de vrais efforts pour rendre ses imprimantes compatibles avec GNU/Linux. Liste des imprimantes prises en charge par le pilote HPLIP (HP Linux Imaging and Printing) : https://developers.hp.com/hp-linux-imaging-and-printing/supported_devices/index. D’autres marques font aussi des imprimantes compatibles, mais, en comparaison, HP tient largement le haut du pavé dans ce domaine.

Votre action : Sur votre ordinateur, passez à GNU/Linux pour avoir plus de liberté, et pour prolonger considérablement la vie de votre matériel informatique (*).

(*) – Notez aussi que des systèmes d’exploitation libres (réellement libres et Open Source, sans mouchards) existent aussi pour les smartphones et tablettes. Voici à mon avis le meilleur projet (fondé par le Français Gaël Duval) : Voir « /e/OS » https://e.foundation/fr/ (système d’exploitation) et Murena https://murena.com/fr/ (Smartphones vendus avec ledit système d’exploitation préinstallé).

Matériel numérique : Il n’y a pas que le neuf dans la vie !

Neuf = Pollution conséquente ; explication

Les ordinateurs, tablettes, smartphones… ça ne pousse pas dans les arbres. Ils se composent essentiellement de :

  • Plastiques (issus du pétrole)
  • Métaux (aluminium, cuivre, or, argent, fer, plomb, nickel, tantale, cobalt, silicium, lithium …)
  • Terres rares : Néodyme, Praséodyme, Dysprosium…

La production d’un équipement numérique nécessite donc de nombreux matériaux dont l’extraction, la transformation et le transport sont à l’origine d’une considérable émission de GES. Ajoutons aussi, pour ce qui me vient en tête :

  • assemblage final de la machine
  • transport (encore et toujours du transport) jusqu’aux entrepôts et puis jusqu’aux magasins et/ou chez le client final…
  • marketing (travail des agences de communication et/ou des services internes de communication, puis publicités tous azimuts, etc)

Le moindre appareil imaginé, produit et commercialisé est à l’origine d’une pollution conséquente, du premier coup de crayon des ingénieurs à votre domicile, avant même que vous commenciez à l’utiliser.

Ajoutons à cela tout ce qu’il consommera comme électricité durant sa vie, ainsi que sa capacité à être recyclé qui est toute relative.

Certains métaux qui sont utilisés dans la partie électronique, comme le cuivre et l’or, nécessite des moyens mécaniques puis chimiques chacun considérables, ayant de lourdes conséquences sur l’environnement.

L'extraction des terres rares est très polluante.
Mine à ciel ouvert.
Industrie pétrolière.

Prenons le cuivre par exemple :

  • Extraction :
    • Pollution de l’eau par des métaux lourds, des produits chimiques et des résidus miniers.
    • Pollution de l’air par des poussières fines et des gaz nocifs.
    • Dégradation des sols, destruction des habitats naturels, la déforestation et la perte de biodiversité.
  • Transformation :
    • Les usines de transformation émettent des polluants atmosphériques, des particules fines…
    • Le raffinage génère des eaux usées contenant des métaux lourds, des acides et d’autres produits chimiques super sympathiques.
  • Transport :
    • Pollution de l’air : Le transport partout dans le monde, dans des quantités sans cesse plus grandes, par camion, train, ou navire, entraîne des émissions de CO2, de particules fines et d’autres polluants atmosphériques.

Et c’est un désastre assez similaire pour chacun des autres matériaux qui compose l’appareil.

Selon une étude évoquée dans un article de Libération (*) :

Les chercheurs ont décortiqué les différentes étapes de fabrication d’une unité centrale associée à un écran de 17 pouces. Au cours de sa production, cet ordinateur de 24 kilos consomme 1,8 tonne de matériaux (240 kilos d’énergie fossile, 22 kilos de produits chimiques et 1 500 litres d’eau)

https://www.liberation.fr/terre/2004/03/09/ordinateurs-programmes-pour-polluer_471730/

(*) – Il date de 2004, et autant vous dire que c’est certainement bien pire maintenant ; je mettrai l’article à jour avec des valeurs plus récentes lorsque j’en aurai le temps.

Pour plus d’informations, je vous invite à voir cette passionnante vidéo, dans laquelle Aurore Stéphan (ingénieure géologue minier, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires des filières minérales), vulgarise l’extraction minière et les besoins croissants en métaux à travers le monde (et tire la sonnette d’alarme) :

Ventes par milliards

Imaginez, rien que pour les smartphones, selon les chiffres que j’ai pu trouver sur https://fr.statista.com/statistiques/565012/ventes-mondiales-de-smartphones-aux-utilisateurs-finaux/, il s’est vendu, entre 2014 et 2022, environ entre 1,2 et 1,5 milliard d’appareils chaque année dans le monde aux utilisateurs finaux (*). Ce chiffre n’évoque que les smartphones ; pensez ensuite aux tablettes, ordinateurs portables et fixes.

(*) – Les chiffres tendent à baisser, en raison d’une perte généralisée de pouvoir d’achat, en partie due aux tensions géopolitiques engendrées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie ; les gens achètent plus qu’avant des appareils de seconde main, plus souvent par contrainte économique que par choix écologique. Ce ralentissement des ventes fut un temps aussi dû à la crise du COVID-19.

Alors, on fait quoi maintenant ?

Maintenant que vous avez bien compris à quel point la production d’un équipement numérique neuf porte atteinte à l’environnement, que faut-il faire ?

Faire durer le plus possible

Faire durer le plus possible nos équipements numériques retarde autant que possible l’achat d’un nouvel appareil ; c’est donc un comportement essentiel à adopter pour réduire son empreinte environnementale.

  • Prendre soin :
    • Pour les smartphones (et tablettes), achetez des protections adaptées et de qualité (car même de qualité, ces équipements coutent toujours moins cher qu’un appareil à racheter ou à réparer) :
      • Coques épaisses construites dans une matière souple permettant l’absorption des chocs. Elle doit aussi avoir des bords qui remontent bien plus haut que l’écran, afin que si le portable tombe côté écran, l’écran soit éloigné du sol de quelques millimètres (ceci est un paramètre très important). Aussi, je déconseille (cela n’engage que moi) les protections de type portefeuille. C’est beau, mais ce n’est pas efficace. Selon ma propre expérience et celle de personnes de mon entourage :
        • le produit est souvent peu durable, peu résistant, et peu, voire pas du tout en mesure d’absorber les chocs lors de chutes
        • le smartphone est mal maintenu et mal protégé : 2 coins sur les 4 sont notamment mal protégés et en cas de choc, le smartphone peut aussi être éjecté de la protection, ou le rabat peut s’ouvrir ou rester ouvert avant de toucher le sol
      • Protection de la dalle tactile, même si celle-ci est construite avec un matériau haut de gamme (Gorilla de classe supérieure) : Un écran ne peut être 100% inrayable et incassable. Il existe plusieurs types de protection, à différents prix. Certaines sont fines et plastifiées, d’autres sont plus épaisses, en général en verre trempé. Méfiez-vous parfois des protections en verre trempé. Elles sont bien sûr solides, mais sont piégeuses, car elles sont parfois très épaisses et annulent l’écart creusé par les bords de la coque de protection (le verre trempé arrive au même niveau que le bord de la coque). Ainsi, en cas de chute côté écran, vu que le verre est très dur, si le sol n’est pas parfaitement plat et/ou qu’il y a un petit morceau de quelque chose de très dure par terre (micro gravillon, ou micro bout de verre, etc…), le verre trempé ne se contentera pas de se briser tout seul, mais risque de transmettre la quasi-totalité de l’impact et du choc induit à la dalle qui se trouve juste derrière, et donc la briser aussi. Parfois, il vaut mieux avoir une bonne coque épaisse en silicone et une simple protection écran plastifiée et fine, qu’une coque d’épaisseur modérée et une épaisse couche de verre qui annuleraient le peu de bénéfice du débordement de la coque. Je ne dis pas que les protections en verre trempé sont à éviter, mais il faut prendre en compte son épaisseur par rapport aux caractéristiques de la coque.
    • Pour les ordinateurs, achetez des sacoches ou sac à dos adaptés en termes de taille, de compartimentation, mais surtout de qualité de rembourrage, pour que l’ordinateur ne craigne rien (car même de qualité, ces équipements coutent toujours moins cher qu’un ordinateur à racheter ou à réparer). Ce que vous achetez doit donc :
      • être bien rembourré pour absorber les chocs (notamment en bas, si on pose le tout un peu violemment par terre, dans la précipitation)
      • protéger son contenu de la poussière et de l’humidité, et même de quelques gouttes de pluie (et encore plus en bas, au cas où le sol soit mouillé)
  • Mettre à niveau (upgrader) sa configuration :
    Lorsque l’on achète un ordinateur, un smartphone ou une tablette, selon le modèle acheté, on peut plus ou moins augmenter ses performances en remplaçant certains de ses composants, ce qui permet de le rendre plus puissant, ou d’augmenter sa capacité de stockage, et donc de le conserver plus longtemps, voire bien plus longtemps que l’on l’aurait imaginé au départ.
    • Ordinateurs :
      Les ordinateurs, en comparaisons des smartphones ou tablettes, sont les appareils numériques les plus évolutifs qui soit, bien que tous ne soient pas égaux. L’évolutivité, au même titre que niveau de réparabilité, doit aussi être pris en compte lors de l’achat. Plus un appareil est réparable et évolutif, plus son empreinte environnementale sera réduite.
      • Fixes : Ce sont les ordinateurs les plus évolutifs historiquement. Sur un ordinateur fixe, vous pouvez en principe :
        • Remplacer le processeur (CPU) par un plus puissant (sous réserve de compatibilité avec la carte mère)
          🚀 Impact sur les performances (*) : 🔴 ⚪ ⚪ ⚪ à 🔴 🔴 🔴 🔴 ⚪
          (*) – Varie selon le type de tâche effectuée. Peu visible sur des tâches basiques (mail, internet, etc) mais bien plus lors de traitement photo, vidéos, 3D, etc
        • Remplacer la carte graphique (GPU) d’origine qui est intégrée ou dédiée, par une plus puissante (sous réserve de compatibilité avec la carte mère)
          🚀 Impact sur les performances (*) : 🔴 ⚪ ⚪ ⚪ à 🔴 🔴 🔴 ⚪ ⚪
          (*) – En principe peu invisible sur des tâches du quotidien (internet, mail, gestion de fichiers), mais beaucoup plus pour des affichages plus complexes comme retouche d’image, traitement photo, 3D, jeux vidéos, etc
        • Ajouter de la mémoire vive (RAM) en ajoutant ou remplaçant toute ou partie des barrettes de RAM déjà en place (sous réserve de compatibilité avec la carte mère)
          🚀 Impact sur les performances (*) : 🔴 ⚪ ⚪ ⚪ à 🔴 🔴 🔴 ⚪ ⚪
          (*) – Selon quantité de RAM ajoutée et vitesse d’horloge de ces dernières
        • Remplacer le disque dur par un autre ayant une plus grande capacité de stockage et/ou étant plus rapide (les disques durs SSD permettent une diminution très significative et visible du temps de démarrage du système et des logiciels). Il est aussi possible d’ajouter un disque dur à celui existant (pour uniquement augmenter la capacité de stockage de l’ordinateur sans toucher au premier disque dur).
          🚀 Impact sur les performances (*) : 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
          (*) – Lors du remplacement d’un disque dur mécanique par un disque dur SSD
      • Portables (laptop) : Ils sont moins évolutifs que les ordinateurs fixe. Cela ne date pas d’hier et a même empiré. Sauf si j’ai loupé quelque chose ces dernières années, sur un ordinateur portable, le processeur (CPU) et la carte graphique (GPU) ne peuvent pas être touchés. Aucune évolution possible à ce niveau. Dors et déjà, vous savez qu’entre son évolutivité parfois limitée, voire tout bonnement impossible (*), et sa batterie, un ordinateur portable est nettement plus polluant qu’un ordinateur fixe.
        (*) Dont dépend beaucoup aussi son taux de réparabilité, évoqué plus bas
        Ce qui demeure évolutif (mais pas toujours) :
        • Ajouter de la mémoire vive (RAM) : Cela dépend de la marque et du modèle. Il arrive que certains soient évolutifs et d’autre pas, ou partiellement. Ceux qui sont condamnés à rester en l’état ont leurs barrettes soudées à la carte mère. Ceux qui sont évolutifs, ont une ou plusieurs barrettes, toutes amovibles. Et puis il y a des intermédiaires avec une première barrette soudée, à côté d’un ou plusieurs emplacements sur lesquels vous pourrez ajouter une ou plusieurs barrette⋅s supplémentaire⋅s. C’est donc très variable.
          🚀 Impact sur les performances (*) : 🔴 ⚪ ⚪ ⚪ à 🔴 🔴 🔴 ⚪ ⚪
          (*) – Selon quantité de RAM ajoutée et vitesse d’horloge de ces dernières
        • Remplacer le disque dur : C’est un peu la même chose que pour les barrettes de RAM. Cela dépend de la marque et du modèle. Certains modèles ne sont pas du tout évolutifs (disque unique soudé), d’autres oui (disque amovible) et d’autres « entre deux » (disque soudé + emplacement pour un second disque).
          🚀 Impact sur les performances (*) : 🔴 🔴 🔴 🔴 🔴
          (*) – Lors du remplacement d’un disque dur mécanique par un disque dur SSD
    • Smartphones et tablettes :
      • Rien ne peut évoluer sur ces appareils, à part la capacité de stockage, si le modèle que vous utilisez possède un emplacement pour une carte Micro SD additionnelle.
      • Exception (à vérifier) : Il me semble avoir lu ou entendu un jour, concernant le Fairphone, qu’il est ou sera possible sur certains modèles, de mettre des composants de remplacements plus récents et performants, mais je ne retrouve plus l’information.
  • Faire réparer :
    • Indice de réparabilité : Désormais, les appareils numériques (ordinateurs portables, smartphones et tablettes) sont notés en fonction de leur niveau de réparabilité. Moins un appareil sera réparable, plus il sera « jetable », et plus il sera polluant en fin de compte. Tant que possible, choisissez donc votre appareil en fonction de sa réparabilité. Ceci est d’autant plus important que la réparabilité des appareils numériques est bien moindre par rapport à quelques années en arrière. L’exemple le plus criant est le changement de la batterie : il y a quelques années, on pouvait remplacer facilement la batterie d’un ordinateur portable ou d’un smartphone en 1 minute (c’était vraiment facile et sans risque) ; aujourd’hui, pour la majorité d’entre eux, c’est bien plus long et délicat, car il faut démonter et désosser l’appareil, ce n’est pas à la portée de tous et présente obligatoirement des risques de détérioration. Pour les fabricants, cela a pour but de faire des appareils plus fin et plus léger (design, marketing…), mais SURTOUT de faire tourner leur juteux business parce que beaucoup de gens changent l’appareil complet plutôt qu’uniquement la batterie lorsque celle-ci est en fin de vie. Sur cette question, je vous donne mon avis… c’est un véritable scandale et un bon coup de scie supplémentaire sur la branche sur laquelle nous sommes assis. À titre personnel, je n’ai que faire du design et du poids d’un ordinateur ou d’un smartphone ; savoir qu’il faut ouvrir la moitié de l’ordinateur ou du smartphone pour juste changer la batterie me mets très en colère. Pas vous ? Concernant les ordinateurs portables, sachez que depuis longtemps maintenant, les pires élèves en termes de réparabilité sont les « Surface » de Microsoft. L’indice de réparabilité a en principe un impact direct sur l’évolutivité de l’appareil évoquée plus haut. Si un composant est soudé à la carte mère (disque dur, barrette de RAM…), vous ne pourrez pas améliorer les performances de la machine, comme évoqué plus haut. C’est donc une triple punition :
      • Impossibilité pour vous de faire réparer
      • Impossibilité pour vous de faire évoluer
      • Pollution accrue garantie pour l’environnement du fait de la non-durabilité de l’appareil
    • Aides financières : Il est possible depuis fin 2022 de bénéficier du « bonus réparation » pour tout un tas de familles d’appareils, dont les ordinateurs et smartphones et tablettes. Plus d’informations à ce sujet : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A16129
    • Faire réparer :
      • Smartphones et tablettes : Adressez-vous au SAV de l’enseigne auprès de qui vous avez acheté votre smartphone ou tablette pour faire jouer la garantie. Si la garantie est passée, adressez à l’une des nombreuses boutiques de réparation spécialisées. Elles poussent comme des champignons depuis des années dans nos villes. N’hésitez pas à vous adresser à elles pour changer la batterie de votre smartphone, ou remplacer son écran. Comme je le disais précédemment, les appareils sont peu nombreux à être facilement réparables, donc n’hésitez pas à vous rapprocher de ce genre de commerces plutôt que de prendre des risques inconsidérés si comme moi, vous avez deux mains gauches. Cela dit, assurez-vous au préalable de la réputation de l’établissement ; regardez les avis sur internet et consultez votre entourage. Par contre, je ne sais pas si ces boutiques s’occupent des tablettes.
      • Ordinateurs : Adressez-vous au SAV de l’enseigne auprès de qui vous avez acheté votre ordinateur, si celui-ci est toujours sous garantie. Autrement, adressez-vous soit au constructeur (mais cela peut être cher), soit à un magasin local d’informatique.
    • Réparer soi-même : Si vous êtes un bon et prudent bricoleur, internet regorge de tutoriels de réparation des ordinateurs, smartphones et tablettes. Attention, réparer ce genre d’équipement requiert du doigté et des précautions particulières, donc, si vous avez le moindre doute, ne faites pas des choses que vous pourriez regretter.
  • Transmettre :
    • Famille et amis : Une stratégie consiste à transmettre votre ancien appareil (smartphone, tablette, ordinateur) à un autre membre de votre famille (ou à n’importe quelle autre personne soit dit en passant). En principe, c’est la personne qui est la plus utilisatrice (la plus accro), la plus experte, la plus exigeante qui renouvelle plus régulièrement ses équipements (que les raisons invoquées pour l’achat d’un nouvel équipement soient bonnes ou mauvaises). Donc, c’est cette personne qui va équiper le reste du foyer en transmettant ses anciens appareils. Ainsi, au sein d’une même cellule familiale, un appareil peut avoir largement deux ou trois vies avant d’être mis à la retraite. Une fois tout le monde équipé, chacun doit faire durer le plus longtemps possible chaque équipement en prenant soin et en les faisant réparer si nécessaire.
    • Revente : Revendre sur le Bon Coin produit les mêmes effets que de transmettre à une personne de votre entourage, car cela sera toujours un appareil neuf en moins à produire. Vous pouvez passer par le Bon Coin pour ne citer que lui, ou même par un cash center. L’avantage des cash center est que vous n’aurez pas de mal à faire reprendre votre appareil si celui-ci est parfaitement fonctionnel (vous repartez avec votre argent quelques minutes après être entré dans la boutique). Cependant, l’inconvénient est que vous en tireriez moins, voire bien moins d’argent que si vous le vendiez à quelqu’un de la main à la main.
    • Reprise : Faites reprendre votre appareil par le vendeur de votre nouvel appareil. Cela fonctionne très bien pour les smartphones. Je sais qu’Orange le fait et j’imagine que les autres opérateurs le font aussi. Si vous faites reprendre votre ancien smartphone (le montant de reprise dépendant du modèle et de son état) et que vous achetez derrière un smartphone reconditionné, votre empreinte environnementale est moindre, car :
      • vous remettez en circulation votre ancien appareil (plus vous en avez pris soin, plus vous récupèrerez de l’argent pour celui que vous allez acheter derrière)
      • vous bénéficiez d’un appareil non neuf, mais « à faible kilométrage » (donc bon, voire très bon état), qui n’est donc pas sorti tout droit d’une usine, juste pour vous
    • Don : Vous pouvez aussi donner votre ancien appareil à des associations telles qu’Emmaüs qui permettra à des personnes ayant peu de moyens financiers de bénéficier d’un smartphone, d’une tablette, ou d’un ordinateur à bas coût
  • Recycler :
    Lorsqu’un appareil est vraiment en fin de vie, mettez-le à recycler dans la déchetterie la plus proche.

Avertissement : Les données contenues sur les cartes mémoires (SD…), clés USB et surtout, disques durs des ordinateurs : Ne les jetez les laissez JAMAIS en l’état à la déchetterie ou auprès de tout autre repreneur. Je conseille leur destruction physique. Ce n’est pas « hyper écolo » car cela entrave une partie de leur recyclage, mais il en va de la confidentialité de vos données. Pourquoi tant de violence ? C’est parce qu’un simple formatage ne suffit pas (vos données sont toujours récupérables, par des personnes suffisamment expérimentées cela dit). Donc il faut dans ce cas effectuer un formatage « bas niveau », qui peut être réalisé par des spécialistes en informatique. Vous pouvez aussi suivre des tutoriels sur internet à ce sujet.

2 type d’achat moins douloureux pour l’environnement

2 options s’offrent à nous pour limiter notre empreinte environnementale :

  • Les appareils d’occasion
  • Les appareils reconditionnés

Privilégier ces deux types d’appareils évitent la fabrication de nouveaux équipements ; cette logique est implacable.

Appareils d’occasions

Pour ce qui est des appareils d’occasion, en France, nous avons bien sûr le fameux « Bon Coin », mais aussi « Paru-Vendu », « Rakuten » (ex PriceMinister), … Ces plateformes sont désormais très utilisées, et en France, le Bon Coin est très en tête dans ce domaine. Le gros avantage est le prix, car en dehors de la commission prise au passage par la plateforme (*), vous ne payez que ce que le prix demandé par le vendeur (**).

(*) – Si l’achat est fait en ligne en non pas de la main à la main
(**) – … et même parfois, plus bas que le prix initial, s’il y a eu négociation

Avertissement :
Peu importe le matériel acheté, selon le mode de transaction, testez-le :
– en présence du vendeur avant de procéder à la transaction (transaction de la main à la main)
– avant de valider la transaction en ligne ; dans le cas contraire, une réclamation devra être faite (transaction en ligne)

Appareils reconditionnés

Si l’achat d’occasion de particulier à particulier vous semble compliqué, il y a une seconde option : les appareils reconditionnés par des professionnels.

Parmi eu, on trouve des gros revendeurs spécialisés BackMarket. Sinon, beaucoup de plateforme d’e-commerce et d’enseignes (Fnac, Darty, LDLC, Bureau Vallée, Boulanger, etc) s’y sont mis, tout simplement, car la demande augmente d’année en année, entre raison de la baisse du pouvoir d’achat (*). Les produits vendus sont réparés si nécessaire, puis testés et remis en vente avec une garantie. Si vous souhaitez de la proximité, il existe des prestataires indépendants et locaux, dont certains peuvent même vous expédier l’appareil à domicile. Je cite en exemple pour les ordinateur la société SesamePC (**) (https://sesamepc.com/) qui vend des ordinateurs à et depuis Chambéry (Savoie). Deux membres de ma famille ont eu affaire à eux et leurs machines, des ordinateurs portables de marque et modèle différent (***) tournent parfaitement depuis plusieurs années. Le genre d’appareils qu’ils vendent pourrait convenir à des millions de gens sur terre. Ce sont de très bonnes machines (gammes professionnelles), largement assez performantes pour 80% des gens dans 80% des usages.

(*) – … et de la prise de conscience écologique, même si ce n’est pas la motivation majoritaire
(**) – SesamePC ne m’a aucunement payé pour dire cela
(***) – Ces deux machines sont un Lenovo ThinkPad (Intel Core i5 / 8 Go de RAM / 1 TO SSD) et un HP ProBook (Intel Core i5 / 16 Go de RAM / 1 TO SSD), achetés bien en dessous de leur prix du neuf, car ils ne sont pas neufs et datent de quelques années.

Comparaison du bénéfice écologique entre produits d’occasion et produits reconditionnés :

Selon plusieurs études trouvées çà et là sur internet, un smartphone reconditionné engendrerait 6 à 8 fois moins de CO2 qu’un même modèle neuf. Étant donné qu’aucune ne donne les mêmes chiffres, je ne les citerais pas. Différence méthode de calcul ? Chiffres gonflés ? Conflit d’intérêt ? Valeurs différentes selon les modèles testés… difficile de savoir. Dans tous les cas, même si cela n’était « seulement » 2 ou 3 fois moins de CO2, le bénéfice écologique est indéniable.

Cela dit, si je devais vraiment vous dire ce qui pollue le moins entre un appareil « d’occasion » et un appareil « reconditionné », ce serait l’occasion (cela n’engage que moi). En effet, le reconditionnement est devenu un business et une forme d’industrie à lui tout seul. Le reconditionnement induit :

  • le remplacement de différentes pièces par des neuves (zèle en embuscade ?)
  • des transports
  • la fabrication de matériaux de ré-emballage
  • du marketing

L’occasion, quant à elle, ne sollicite qu’un vendeur et un acquéreur, et un intermédiaire si nécessaire comme le Bon Coin.

… mais le reconditionnement est déjà bien mieux que du neuf, rassurez-vous !

Votre action : Oubliez le « neuf systématique », en achetant des appareils numériques reconditionnés ou d’occasion. Ceci est un puissant levier de réduction de votre empreinte numérique environnementale.

Matériel numérique : Regarder qui le construit

Qu’il soit neuf ou d’occasion, un ordinateur, une tablette, un smartphone a eu un impact plus ou moins important sur l’environnement en fonction d’où et comment il a été fabriqué, et donc en somme, par quel industriel il l’a été.

Il est clair que la fabrication d’un appareil ne peut pas (ou pratiquement pas) être produite en toute autonomie en France sans dépendre d’un autre pays, d’une autre partie du monde. Pour commencer, les matières premières sont pour la plupart inexistantes sur notre sol (pétrole pour le plastique, terres rares, et divers autres métaux pour l’électronique, …). Autrement dit, ce n’est pas demain la veille que nous serons « vraiment » autonomes pour produire ce genre d’appareil « complexes » sans dépendre de personne.

Néanmoins, nous progressons lentement sur certains aspects avec l’émergence de fabricants français, notamment de Smartphones. Aussi bien intentionnés et motivés soient-ils, ces fabricants ne peuvent pas vraiment assurer un « 100% made in France ». Le plus souvent, quand on parle de smartphones français, cela se limite (selon la marque et le modèle) au travail de conception technique, de design, d’assemblage, et de programmation logicielle. Pour ce qui est du reste (batterie, dalle tactile et électronique, donc le processeur), on n’y est pas encore.

Sur le fond, on a tout pour bien faire en France en termes de « matière grise », mais comme je l’ai dit plus haut, on a toujours besoin d’importer des matériaux, et puis il est difficile de faire face aux produits chinois en termes de coûts. Lorsque l’on n’a pas beaucoup d’argent, les produits venus d’Asie sont bien sûr beaucoup plus tentants (moins chers et très performants, cela ne fait plus de doute). N’oublions pas toute cette frange de la population qui achète de la seconde main ou du neuf « low cost » 100% chinois par contrainte financière et non pas en premier lieu par conviction écologico-éthique (*).

(*) – Ce qui ne veut pas dire qu’avoir de faibles moyens financiers empêche d’être écolo ; les deux ne sont pas incompatibles bien évidemment.

Alors, que faire ? Doit-on laisser tomber nos fabricants sous prétexte qu’en achetant chez eux, on fait tourner encore et toujours les usines asiatiques et les mines à ciel ouvert aux 4 coins du monde ? Cela n’engage que moi, mais je pense que ce serait une erreur de baisser les bras.

Encourager les fabricants français (ou originaire d’autres pays européens), c’est les faire vivre et les aider à atteindre leurs (et nos) idéaux de souveraineté. Leur accorder notre confiance et leur rester fidèle, ou encore les recommander, c’est leur permettre d’émerger, de relocaliser (*).

(*) – Certaines marques commencent par produire en Chine avant de relocaliser si les affaires « marchent et se confirment » en termes de volume et de rentabilité.

Aussi, misons sur le fait que nous parvenons progressivement à nous passer de certains matériaux, notamment pour la fabrication d’un probable futures générations de batteries, la batterie au silicium. Cette dernière est moins polluante, plus durables, plus recyclables, mais aussi plus performantes. Le silicium semble présenter l’avantage d’être bien plus répandu dans le monde que d’autres matériaux actuellement utilisés. Cela répondrait au moins partiellement à notre problématique d’autonomie de fabrication des batteries. Wait and see !

Exemples de fabricants de smartphones et/ou tablettes :

🇫🇷 France CrossCall
Murena
Wiko
Echo Mobiles
Archos
Kapsys
Alcatel
Danew
Crosscall
Konrow
🇪🇺 Reste de l’Europe Fairphone (Pays-Bas 🇳🇱)
Gigaset (Allemagne 🇩🇪)
Nokia (Finlande 🇫🇮)
HMD (Finlande 🇫🇮)
BQ Mobile (Espagne 🇪🇸)
Cat (Angleterre 🇬🇧)
Kazam (Angleterre 🇬🇧)
Shift (Allemagne 🇩🇪)

J’attire votre attention sur :

  • Fairphone 🇳🇱 : Cette marque produit des smartphones éponymes qui sont les plus éthiques du marché, qu’il s’agisse de la façon dont il est construit ou de son niveau de réparabilité. Vendu avec Android préinstallé, mais vous pouvez installer « /e/OS » à la place (*). Retenez bien que ces smartphones sont vendus plus cher pour plusieurs raisons : approvisionnement éthique en matériaux (le plus possible), meilleures conditions de travail et salaires justes, meilleure durabilité, meilleure recyclabilité, transparence et implication sociale.
  • Murena (/e foundation) 🇫🇷 : Ces smartphones sont commercialisés avec l’OS alternatif libre « /e/OS » préinstallé. En novembre 2023, au moment où je rédige cette page, leur catalogue compte 6 modèles dont les Fairphone 4 et 5 et le Google Pixel 5. Un Fairphone équipé de « /e/OS » constitue un duo très éthique !
  • CrossCall 🇫🇷 : Une marque française de smartphones « durcis », qui gagne en popularité et qui est en train de relocaliser la production de ses appareils (jusqu’alors produits en Chine). Vendus avec Android préinstallé. C’est une marque très prisée par les gens qui sont « sur le terrain » ou pratiques des sports extrêmes.
  • Gigaset 🇩🇪 : Cette marque allemande attire mon attention, car les smartphones qu’elle produit (tout du moins en 2023), outre le « Made In Germany » mis en avant (**), ne cède pas à certaines inepties de l’ère moderne des smartphones : Les modèles GX4, GX6 et GS5 ont tous des batteries amovibles (vraiment amovible, comme avant), ou encore le port jack 3,5mm. Je trouve que ces choix technologiques forcent le respect. Obliger les gens à utiliser des écouteurs ou casques Bluetooth (***) ou filaire via le port USB-C avec un adaptateur (ce qui empêche de recharger pendant l’écoute, c’est tellement idiot) est pour moi très contrariant (tout cela pour une histoire de finesse, donc de design). Toujours pour une histoire d’épaisseur, mais aussi pour faire tourner le business, la quasi-totalité des fabricants enfouissent depuis quelques années la batterie au plus profond du smartphone, et je trouve cela « débile », et intolérable. Donc encore une fois, BRAVO à Gigaset. Les smartphones Gigaset n’ont pas un indice de réparabilité et une éthique de fabrication aussi élevés que ceux de la marque Fairephone, mais ils sont assez abordables, pour une qualité de fabrication correcte, un indice de réparabilité « pas ouf, mais correct », et des choix technologiques autant intelligents que courageux.

(*) – Il existe d’autres OS alternatifs libres (Open Source) pour les smartphones initialement prévus pour tourner avec Android, mais « /e/OS » est le plus populaire, le plus reconnu, d’autant plus que son créateur est un français, nommé Gaël Duval (cocorico !)
(**) – Ce qui n’inclut certainement pas toute la chaîne de production comme évoqué plus haut
(***) – Qui sont un désastre écologique, soit dit en passant, en raison de l’électronique et de la batterie embarquée

Pour les ordinateurs, si je me suis renseigné correctement, on a vraisemblablement pas grand-chose chez nous ; n’hésitez pas à me faire des suggestions de marques européennes dont française. Je me ferai un plaisir de compléter cette section.

Votre action : Choisir vos tablettes et smartphone chez des fabricants français et européens, même si le « 0% Asie » n’existe pas vraiment.

Consommation électrique de nos équipements numériques

Le numérique est bien désormais un vrai poste de dépense énergétique

Lorsque vous utilisez vos appareils numériques (ordinateurs, smartphones, tablettes, box internet, imprimantes…), gardez à l’esprit qu’ils ont bien un impact visible sur votre facture électrique, d’autant plus tous cumulés. Il y a quelques décennies, cette consommation était plus discrète, mais aujourd’hui, avec le numérique omniprésent, les choses ont bien changé. Nous sommes en effet maintenant très nombreux à les utiliser quotidiennement, plusieurs heures par jour. Même si votre ordinateur portable ne consomme que quelques dizaines de watts contre plusieurs milliers de watts pour votre four ou votre lave-linge, il impacte finalement bien votre facture (et donc l’environnement) car il fonctionne durant un grand nombre d’heures chaque année. Cumulé avec les autres ordinateurs de votre foyer, les smartphones et tablettes (qu’il faut recharger régulièrement), les consoles de jeux, et la box internet, vous avez ici un vrai poste de consommation électrique.

Sur internet, j’ai pu trouver quelques fourchettes approximatives de consommation (*) :

  • Ordinateurs (dépendant la puissance de calcul, de la carte graphique et de l’intensité d’utilisation) :
    • 100 à 400 watts pour un ordinateur de bureau
    • 20 à 75 watt pour un ordinateur portable
  • Écran d’ordinateur de bureau : 15 à 80 watts selon taille et technologie d’affichage
  • Chargeurs de smartphones et tablettes : Les chargeurs rapides consomment entre 60 et 120 watts et tendent à devenir la norme (**)
  • Imprimantes :
    • 20 à 100 watts en fonctionnement pour les imprimantes jet d’encre (5 à 10 watts en veille)
    • 300 à 1000 watts en fonctionnement pour les imprimantes laser (10 à 50 watts en veille)
  • Box internet : 5 à 20 watts (selon génération, utilisation et réglages comme l’activation ou non du wifi)
  • Switch Ethernet : 5 à 20 watts selon modèle, nombre de ports et utilisation
  • Répétiteur Wifi : 2 à 10 watts

(*) – Elles sont à prendre avec précaution, car les valeurs dépendent de la génération et des modèles d’appareils, ainsi que du rythme d’utilisation, et puis il y a toujours des exceptions
(**) – On peut se dire qu’étant donné ils chargent (très) rapidement, ils ne consomment pas plus qu’un chargeur normal qui mettrait juste plus de temps, mais comme nous avons une utilisation croissante de nos smartphones, nous vidons nos batteries de plus ne plus régulièrement alors qu’elles sont de plus en plus puissantes et endurantes (5000 mAh devient la norme, impensable il y a quelques années encore)

Aussi, selon l’article https://www.hellowatt.fr/suivi-consommation-energie/consommation-electrique/ordinateur, en incluant la box et éventuellement une imprimante :

  • un ordinateur de bureau peut, selon usage consommer 73 à 730 kWh par an (et vous couter de 15 à 140 euros TTC par an)
  • un ordinateur portable peut, selon usage, consommer entre 22 et 275 kWh par an (et vous couter de 4 à 50 euros par an)

Alors, maintenant, imaginez lorsque plusieurs ordinateurs (et divers autres appareils numériques courants) sont régulièrement utilisés sous un même toit… puis extrapolez… quartier, commune, département, pays, monde. La consommation est en fait énorme.

Que faire pour soulager l’environnement et votre facture ?

  • Achetez des équipements numériques répondant à vos besoins réels. Nul besoin d’acheter une « Ferrari pour aller faire les courses », qu’il s’agisse d’un ordinateur ou d’un⸱e smartphone / tablette, si vos besoins sont classiques la majorité du temps. Ce n’est pas l’exception qui détermine vos besoins, mais bien la règle, car vous devez clairement comprendre que plus un appareil est performant, plus il aura tendance à consommer.
  • N’allumez vos équipements informatiques que si vous vous en servez (ordinateurs de bureau, ordinateurs portables, imprimantes, scanners) ; autrement, éteignez-les la nuit, ou lors de toute absence de la maison ou de votre bureau, sauf si elles sont de courte durée. Pour les ordinateurs, au minimum, mettez les en veille dès que possible, ou utilisez l’ « hibernation » pour retrouver le système dans le même état qu’avant extinction (si le système d’exploitation le permet).
  • Coupez le Wi-Fi de votre Box internet lorsque vous n’en avez pas besoin (il peut même être coupé automatiquement en définissant des plages horaires).
  • Éteignez votre box : Si vous le pouvez, coupez même la box la nuit, ou en journée si vous n’êtes pas en télétravail, ou durant toute longue absence. En semaine, si vous ne télétravaillez pas et que vous avez un « gros » forfait mobile (et que la 4G passe bien dans votre maison) et que vous n’utilisez d’ordinateur dans la maison qu’en fin de journée et que vous n’avez nul besoin d’accéder à votre réseau interne depuis l’extérieur (NAS, caméra IP, etc), votre box consomme du jus pendant probablement 20 heures par jour pour rien, soit une centaine d’heures par semaine au moins, sans compter le temps qui peut être ajouté en week-end. Extrapolez ensuite ce chiffre sur un mois, une année.
  • Réglez correctement la mise en veille de vos appareils (établissement d’un compromis entre vos besoins de disponibilité et l’économie d’énergie). Pour les ordinateurs, la seule veille de l’écran ne suffit pas ; il faut mettre la machine complète en veille, sachant que la veille de l’écran peut se déclencher en premier, suivie quelques minutes après de la veille complète de la machine.
  • Lorsque vous quittez votre poste, vous pouvez devancer la mise en veille en la déclenchant manuellement plutôt que de laisser votre machine le faire automatiquement plus tard. Vous gagnerez quelques watts de plus de cette manière. Certains claviers disposent de touches multimédia dont une permet la mise en veille sans avoir à utiliser la souris. C’est le cas de pas mal de modèles de claviers Logitech.
  • Interface utilisateur : Utiliser le monde sombre s’il est disponible ; le mode sombre permet à l’écran de moins consommer d’énergie (et de préserver vos yeux) ; ceci a d’ailleurs un gros impact sur l’autonomie des batteries.
  • Smartphones et tablettes :
    • Comme dit juste avant, passez en mode sombre pour économiser la batterie (et préserver vos yeux)
    • Éviter d’utiliser des widgets, car ils consomment souvent pas mal d’énergie
    • N’installez que les applications dont vous avez besoin parce qu’un certain nombre d’applications tourne en tâche de fond et consomme de l’énergie ; cela fera aussi moins d’applications à mettre à jour (et sollicitera moins la bande passante)
    • En parlant de bande passante, suivez les conseils indiqués en haut de la page concernant le streaming musical et vidéo
    • Désactivez le GPS, le Bluetooth ou encore le Wi-Fi lorsque vous ne vous en servez pas. Cela économise de la batterie (et diminue votre surface d’attaque par la même occasion)
    • La nuit, vous pouvez :
      • désactiver manuellement : Wifi, Bluetooth, GPS
      • mettre votre appareil en mode d’économie d’énergie (ce mode peut être activé automatiquement selon des horaires prédéfinis par vous-même). Sur les versions récentes d’Android, il y a généralement 4 modes : Ultra / Économie d’énergie / Équilibré / Performance. En journée, « Équilibré » convient dans la grande majorité des cas pour la majorité des gens. La nuit, vous pouvez passer au moins en mode « Économie » … voire en économiseur de batterie « Ultra » (ne garde que la fonction téléphone, SMS, réveil), mais ce dernier mode ne peut être activé que manuellement. Le mode « Économie d’énergie » restreint les processus en arrière-plan et coupe ou espace les synchronisations de données. Les possesseurs d’iPhone et iPad constateront qu’il existe sous iOS un mode d’économie d’énergie assez semblable
      • éteindre votre appareil ; le réveil des smartphones Android (et iOS, je suppose aussi, à vérifier) fonctionnera même si l’appareil est éteint (à tester toutefois au préalable)

Votre action : Économisez dans la mesure du possible l’électricité consommable par vos appareils numériques. C’est un vrai poste de dépense énergétique et plusieurs mesures efficaces existent.

Prolongation de la vie des batteries

Les batteries au lithium qui font fonctionner tous nos smartphones, tablettes et ordinateurs portables depuis des années sont responsables de bien des pollutions (production, fonctionnement, recyclage), dès leur conception. Pour moins polluer, il faut donc remplacer le plus rarement possible les batteries. Pour y parvenir, il faut en prendre soin.

Les 2 choses tues les batteries « li-ion »

  • Les décharges profondes
  • La charge permanente

Les comportements à adopter

Pour maintenir votre batterie en bonne santé, ne jamais descendre en dessous de 20%. Descendre en dessous de ces 20%, pire encore, en la laissant se décharger totalement, est un véritable supplice pour votre batterie. Ne faites jamais cela. Ce n’est bien sûr pas en une fois que vous allez fortement détériorer votre batterie, mais soyez certain que cet acte entame à chaque fois et de manière irréversible sa santé.

D’autre part, une batterie toujours maintenue à 100% de charge voient la durée de vie réduite. Lorsque votre appareil est chargé, retirez-le du chargeur. Ne le laissez pas en charge inutilement. Évitez par exemple de charger vos appareils la nuit ou de les laisser en charge alors que vous êtes absent, car ils se retrouveront inutilement en charge durant de nombreuses heures au fil du temps.

« Idéalement », il faudrait biberonner votre batterie en 20% et 80%, en la chargeant un peu, régulièrement.

Bon à savoir également : Un ordinateur, un smartphone ou une tablette ne doivent pas être mis en charge lorsqu’il y a de l’orage. Durant un orage, il y a des risques de surtensions pouvant endommager de manière irréversible la batterie, voir l’ensemble de l’appareil.

Pour aller plus loin

Certains les fabricants d’OS d’ordinateurs et de smartphones / tablette prennent de plus en plus en compte les faiblesses évoquées (décharges profondes et charges trop fréquentes). Ainsi, certains paramètres sont apparus pour éviter que la batterie se retrouve dans ces extrêmes, grâce à des fonctions logicielles intelligentes de gestion de la charge. Sous iOS, Android, Windows, OSX, GNU/Linux (selon environnement de bureau), n’hésitez pas à regarder les paramètres de gestion de la « batterie » (ou de la « charge »).

Votre action : Surveiller régulièrement l’état de charge de votre batterie et éviter tant que possible les décharges profondes et les charges permanentes qui nuisent réellement à la santé de cette dernière

Prolongation de la vie du matériel (hors batteries)

Pour limiter son empreinte carbone, il faut garder son matériel le plus longtemps possible. Voici quelques conseils.

Ordinateurs

Fixes

  • Ne pas le poser à même le sol. Posez-le au minimum sur un support pour le surélever de quelques centimètres, voire directement sur le bureau (il peut même être mis sous l’écran s’il s’agit d’un boitier desktop et non d’une tour). Cela le protège :
    • des coups de pieds et d’aspirateurs involontaires
    • de la poussière qui traîne près du sol
    • d’un éventuel dégât des eaux
    • de possibles chocs électrostatiques
  • Le dépoussiérer régulièrement (intérieur). Tout ordinateur fini par accumuler de la poussière en raison de son système de ventilation. La poussière augmente le risque de charge électrostatique qui peut détériorer les composants électroniques. Elle peut aussi provoquer une surchauffe de certains éléments, à commencer par les processeurs (CPU/GPU) car elle empêche l’air pulsé par les ventilateurs de circuler correctement entre les lamelles des dissipateurs thermiques. Pour un ordinateur fixe, l’opération n’est pas très complexe, mais nécessite quelques précautions. Si vous ne savez pas comment le faire, faites le faire par un spécialiste. C’est rapide et peu cher.

Portables

  • Le dépoussiérer régulièrement (intérieur). Il faut le faire exactement pour les mêmes raisons que pour les ordinateurs fixes. Cela dit, ouvrir (et intervenir sur) un ordinateur portable est plus délicat ; je vous recommande, bien plus que pour un ordinateur fixe, de confier son dépoussiérage à un spécialiste. C’est rapide et peu cher (peut-être un peu plus cher que pour un ordinateur fixe, mais cela reste raisonnable).

Connectiques et alimentation électrique

  • Faites attention à vos câbles USB, VGA, HDMI, etc. Ils ne doivent pas traîner vers vos pieds ou sur les lieux de passage et ne doivent pas non plus être tendus, tout cela afin d’éviter de détériorer les connectiques dont la plupart sont difficilement (voire pas) réparables. Pour cela, commencez par utiliser des serre-câble réutilisables en velcro ou des colliers rilsan. Divers autres accessoires existent pour maintenir vos câbles, réunis et en hauteur.
  • Branchez vos équipements sur des prises équipées de la terre
  • Protégez vos appareils contre les défaillances du réseau électrique :
    • Onduleur : Cet équipement permet de protéger vos équipements des surtensions, mais aussi des sous-tensions et des coupures électriques grâce à sa batterie intégrée qui prend le relai automatiquement. Certains sont aussi pourvus de prises RJ11 et RJ45 pour protéger votre ligne téléphonique et votre réseau Ethernet. Quelques avertissements :
      • Attention, tous les onduleurs ne se valent pas. Choisissez un onduleur de marque reconnue ; ils coûtent un peu plus cher que des modèles exotiques. Un onduleur est équipé d’une batterie 220 V et de circuits électriques spéciaux pouvant être soumis à de fortes surtensions. Un modèle exotique, à prix très inférieur à ce qui se fait ailleurs, peut être douteux, voire dangereux (mauvaise protection, risque d’incendie). Exemples de marques reconnues :
        • Eaton 🇺🇸 (Historiquement, c’était la marque française MGE 🇫🇷 qui fut un jour absorbée par la marque américaine Eaton 🇺🇸 )
        • APC (Marque américaine 🇺🇸 appartenant à la marque française Schneider Electric 🇫🇷 )
        • InfoSec (Fabricant français 🇫🇷 )
      • Faites attentions aux occasions (bien que je prône habituellement l’occasion) car ces équipements, en fonction du nombre de fois qu’ils ont « joué leur rôle de protection », peuvent ne plus protéger efficacement vos équipements des surtensions (fatigue des composants et/ou la batterie) et peut ne plus être capable de prendre le relais suffisamment longtemps en cas de coupure (parce qu’elle est en fin de vie, bien que remplaçable la plupart du temps).
      • Lors d’une coupure d’électricité, l’onduleur ne sert pas à travailler pendant qu’il n’y a plus de courant, mais seulement à avoir le temps d’éteindre proprement votre ordinateur. Une fois l’ordinateur éteint, éteignez l’onduleur (et débranchez tout en cas d’orage), tant que le réseau électrique n’est pas revenu de manière stable.
    • (Multi)prise parafoudre : Moins cher qu’un onduleur, cet équipement protège des surtensions (*) qui sont le plus souvent dues aux orages. Certaines sont aussi pourvues de prises RJ11 et RJ45 pour protéger votre ligne téléphonique et votre réseau Ethernet. Comme pour les onduleurs, privilégiez les équipements neufs (bien que je prône habituellement l’occasion), pour les mêmes raisons.
      (*) – … uniquement, mais c’est déjà pas mal et peut largement suffire si vous utilisez un ordinateur portable
  • Même si vous êtes équipés en prises parafoudre ou d’onduleurs, ne tentez pas le diable quand il y a de l’orage et éteignez puis débranchez vos équipements (et éteignez votre onduleur avant de tout débrancher). Gardez à l’esprit qu’à chaque variation de tension encaissée, votre prise parafoudre ou votre onduleur voit si durée de vie raccourcie (*) ; ne laissez pas votre équipement de protection électrique exposé inutilement à la foudre.
    (*) – C’est le cours normal des choses pour ce genre d’appareil, sachant toutefois qu’un appareil de « bonne marque » durera plus longtemps
  • Attention si vous disposez d’un réseau Ethernet en cas d’orage. Si jamais vous ne débranchez pas tous les équipements reliés à ce réseau Ethernet, il reste un risque. Si vous n’en débranchez qu’une partie, et que le ou les équipements toujours branchés (au réseau électrique) prennent la foudre, la surtension se propagera via le réseau Ethernet au reste des équipements pourtant débranchés du réseau électrique. Même chose avec la box internet : si tous vos ordinateurs sont débranchés, mais que votre box est encore branchée et reliée à des ordinateurs par le réseau local Ethernet, le risque subsiste. Pour finir, lorsque vous débranchez votre box, débranchez aussi la ligne téléphonique.

Impression écologique

Jet d’encre vs Laser, un interminable débat

En dehors de la consommation électrique évoquée plus haut, je ne rentrerai pas dans le débat qui consiste à savoir si ce sont les imprimantes jet d’encre qui sont les plus écolos ou pas par rapport aux imprimantes laser.

Pourquoi ? Eh bien, car cela m’a l’air assez compliqué à déterminer.

Beaucoup disent que les imprimantes jet d’encre sont plus écolos… OK… mais je reste méfiant parce que cela dépend déjà d’abord de qui l’affirme (possible conflit d’intérêt). Cela dépend aussi à mon avis beaucoup des caractéristiques de l’imprimante, et de l’usage qui en est fait.

Une grosse imprimante jet d’encre couleur est-elle toujours plus écolo qu’une petite imprimante laser noir et blanc ? Peut-être, peut-être pas. Seules les imprimantes jet d’encre rechargeables (Eco Tank) pourraient clarifier le débat, et encore… cela dépend si elles sont en noir et blanc ou en couleur… bref, ce n’est pas simple du tout à déterminer. Après, vous allez me dire qu’il faut comparer ce qui est comparable, mais je suis certain que ce n’est pas si simple que ça de « comparer ».

Sinon, je ne sais pas s’il y a eu la même chose pour chez les imprimantes laser, mais il faut se souvenir il y a quelques années du scandale des cartouches jet d’encre soulevé par HOP : https://www.halteobsolescence.org/les-fabricants-dimprimantes-mis-en-cause-par-une-plainte/

Donc, ma réponse à cette question sur l’aspect écolo des deux technologies d’impression évoquées, je dirais : Je ne sais pas.

Imprimante

  • Qu’elle soit à jet d’encre ou laser, achetez une imprimante qui correspond à vos besoins réels, sachant qu’une imprimante couleur est toujours plus polluante (et couteuse) qu’une imprimante noir et blanc.
  • Si vous imprimez beaucoup et que vous prévoyez de vous orienter sur une imprimante jet d’encre, les imprimantes « EcoTank » (sans cartouche) peuvent être une bonne option

Consommation électrique

  • Comme dit plus haut, débranchez votre imprimante lorsque vous ne vous en servez pas, en dehors des plages d’utilisation fréquente

Consommables (papiers et cartouches / toners)

  • Achetez des ramettes de papier 100% recyclé
  • Activez lorsque cela est possible le mode d’impression économique de votre imprimante (différentes technologies existent : réduction de l’échelle d’impression pour imprimer plus de contenu sur une seule page, ou mode brouillon)
  • Imprimez si possible en recto verso
  • Ne réimprimez pas les fichiers déjà imprimés (conservez les impressions déjà réalisées)
  • Réutilisez les feuilles de papier déjà imprimées en imprimant de l’autre côté (verso). Veillez cependant à ce que le papier soit propre : Il ne doit être ni froissé, ni corné, et rien ne doit avoir été écrit dessus (feutre, stylo bille, stylo plume, blanco…), car dans le cas contraire, cela pourrait salir les mécanismes internes de l’imprimante, notamment les rouleaux.
  • N’imprimez que lorsque c’est vraiment nécessaire

Polices de caractères (eco fonts)

La police Ecofont représentée ci-dessous ressemble plus ou moins à Arial et peut-être utilisée dans de nombreux cas. J’ai testé le rendu, même si c’est un peu moins contrasté, cela reste parfaitement lisible sur papier blanc.

Ecofont

Recyclage

  • Ne jetez pas le papier dans votre poubelle d’ordures ménagères, mais dans les bacs de recyclages appropriés (broyez au préalable les papiers contenant des données sensibles)
  • Ne jetez pas vos cartouches et toner dans votre poubelle d’ordures ménagères, mais dans des lieux appropriés

Lieu de collecte et recyclage des cartouches et des toners d’impression :

  • En grande surface ou sur les lieux de vente, lorsqu’il y a un bac de collecte
    Certaines entreprises et administrations reprennent les cartouches d’encre vides. Votre lieu de travail dispose peut-être d’un bac de collecte
  • Certaines déchetteries récupèrent également les cartouches vides
  • Des points de collectes caritatifs ou travaillant pour des associations récupèrent aussi certains consommables vides
  • Le retour directement aux fabricants est aussi possible (Epson, Lexmark, Hewlett-Packard, etc. récupèrent généralement les cartouches jet d’encre vides de leur marque)
  • Des collecteurs et remanufactureurs, professionnels du réemploi, se chargent de récupérer vos consommables vides, de les trier, de donner une seconde vie à celles réutilisables ou, le cas échéant, de les recycler.
https://www.selecteo.fr/le-blog/25-ou-jeter-deposer-ses-cartouches-d-encre-vides

Votre action : Réduire votre consommation d’encre et de papiers et possèdez une imprimante adaptée à vos besoins, allumée uniquement lorsque cela est nécessaire.

La sobriété numérique ne peut se faire sans effort

Tous les conseils prodigués dans cette page demandent un effort, plus ou moins important, je ne vous le cache pas. Il parait difficile de tous les appliquer, mais l’idée est d’en faire le plus possible, selon nos capacités. C’est cela dit sans doute aussi une question d’habitude.

Si vous dites que, « oui » nous consommons trop, « oui » il faut changer (même progressivement et à hauteur de nos capacités), mais… le jour où il faut changer, vous dites « non », car vous vous dites :

  • pourquoi le faire si votre voisin ne fait pas ce même effort
  • c’est trop dur (chiant), on verra plus tard (quand on sera tous dans le mur)

… c’est clair qu’on n’y arrivera pas.

En effet, toutes ces pratiques « alternatives » aspirant, dans notre monde actuel, à plus d’éthique (respect de l’être humain, respect de la nature) requièrent des changements d’habitude, et une vigilance accrue, pour consommer moins, consommer mieux. Ces actions requièrent une dose raisonnable de décroissance ; pourtant je ne suis pas un « décroissant », mais je suis certain que vous comprenez ce que je veux dire.

Être numériquement plus raisonnable, donc un peu plus écolo (sans pour autant être un écolo au sens extrême du terme) nécessite obligatoirement de la volonté ; en d’autres termes, il faut se donner les moyens d’être plus raisonnable, pour contribuer à un effort collectif. Il n’est pas question ici de revenir à l’âge de pierre, mais juste de vivre raisonnablement avec notre temps, en étant prêt à renoncer à un peu de confort, à renoncer à une partie au moins de notre boulimie numérique. Encore une fois, je n’ai pas dit, qu’il fallait renoncer au numérique.

C’est à ce prix que vous contribuerez à préserver, dans la limite de vos moyens, votre belle planète ! Ne vous découragez pas et faisons cet effort ensemble !

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