Contribuer à OpenStreetMap : Une mission valorisante, utile et accessible à tous

Pour une vie numérique respectueuse de soi et des autres

Vous connaissez tous Google Maps ou encore Apple Maps, les cartographiques propriétaires élaborées par les GAFAM dont le but est dans le prolongement de toutes les autres activités de leurs créateurs respectifs : générer des revenus considérables en se basant sur la collecte et l’exploitation et/ou revente de vos données personnelles, en se basant sur la moindre de vos déplacements.

Il existe une alternative à tout cela : OpenStreetMap

OpenStreetMap (OSM) est un projet collaboratif de cartographie en ligne qui vise à constituer une base de données géographiques libre du monde (permettant par exemple de créer des cartes sous licence libre), en utilisant le système GPS et d’autres données libres. Il a été mis en route en juillet 2004 par Steve Coast à l’University College de Londres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/OpenStreetMap

OpenStreetMap est à comparer en bonne et due forme avec Google Maps et Apple Maps, etc … OpenStreetMap est uniquement de la « donnée » (data), mais en aucun cas un logiciel. Google Maps regroupe de la donnée et un site web, ou une application sur les terminaux mobiles.

Les seules données OpenStreetMap étant sous licence libre, elles peuvent êtes utilisées, exploitées, modifiées, et complétées par n’importe qui, et sans restriction. Ces données cartographiques sont à considérer, à l’instar de Wikipédia, comme un patrimoine universel au service de tous.

Que fait OpenStreetMap de mieux et de plus que ses concurrents privateurs ?

  • OpenStreetMap est accessible à tous, sans limite et sans contribution financière exigée (bien que les dons soient les bienvenus à tout moment pour encourager et pérenniser le projet)
  • OpenStreetMap est beaucoup plus riche que ses concurrents de renom en termes de quantité et de variété de données et permet la génération de cartes thématiques, s’adressant notamment à des professionnels, associations, ONG, les secours suite à une catastrophe, etc … pour des besoins spécifiques. Là où Google Maps s’arrête à la cartographie des axes routiers, principaux chemins, espaces verts, et bâtiments, OpenStreetMap va bien plus loin, et permet en effet de cartographier, pour ne citer que quelques exemples parmi de très nombreux : arbres, bornes à incendie, escaliers, murs, défibrillateurs, clôtures, bancs, poubelles, plages, barrière levantes, héliports, fontaines, statues, lignes électriques, conduites forcées, fossés, bornes à incendie, etc … de quoi à répondre à de très nombreux besoins.
  • OpenStreetMap couvre des territoires isolés, non cartographiés par les GAFAM car ces zones ne représentent aucun intérêt économique
  • OpenStreetMap et sa communauté prête main forte lorsque des événements tragiques secouent des territoires comme par exemple à Haïti après le passage de l’ouragan Matthew ou encore en automne 2020 en France, après le passage de la tempête Alex. Les travaux de cartographie réalisés ont permis aux secours de s’organiser et de progresser plus rapidement.

Comment contribuer à OpenStreetMap ?

A première vue, et c’est logique, le travail de contributeur en cartographie peut paraître compliqué et fastidieux, d’autant plus que, vous vous en doutez, il faut faire preuve d’une certaine rigueur et d’un poil d’organisation.

Rassurez-vous ! … car il y a plusieurs possibilités de contribuer à OpenStreetMap … un peu comme des niveaux, selon l’outil de contribution que vous aurez choisi d’utiliser.

On peut donc contribuer de manière très légère et ludique, ou de manière avancée avec des outils puissants.

Chacun peut donc contribuer en fonction de ses capacités et de son temps, quel que soit le lieu et le moment, pourvu que cela soit néanmoins faire sérieusement, garantissant l’exactitude, tant que faire se peut, des informations renseignées.

Point de départ incontournable

Quelle que soit votre manière de participer, il faut tout d’abord vous créer un compte utilisateur :

Liste des différents outils de contribution (que j’ai testé et adopté)

Street Complete (application Android en français) : Enrichissez OpenStreetMap de manière ultra simple, rapide et ludique.

Une fois installée et connectée à votre compte OpenStreetMap, cette application vous permet d’enrichir OpenStreetMap en répondant à des questions appelées « quêtes ». Ces questions peuvent concerner la nature du revêtement d’un chemin, d’une rue, d’une route, etc … Vous pourrez aussi compléter des informations tels que le nombre d’étages d’un bâtiment, les zones éclairées par les lampadaires, le type de fruits cultivés dans un vergé, le degré d’accessibilité d’un bâtiment pour les PMR, la configuration d’un arrêt de bus, les horaires d’un commerce ou d’un restaurant, le nombre de places d’un parking à vélo, la vitesse limite de certaines routes ou rues, la configuration d’un passage à niveau (type de barrière, etc …), la présence ou non de bandes cyclables le long d’une route ou d’une rue, etc … Tout se fait sur un fond de carte OpenStreetMap aux couleurs attrayantes, où les quêtes vous sont proposées. L’interface est claire, simple et ludique. Plus vous compléterez des quêtes, plus vous obtiendrez des badges de récompense (dans l’application uniquement – ces badges ne remonteront pas dans votre compte OpenStreetMap). Cependant, Street Complete ne permet pas d’ajouter de rues, de bâtiments et autres points d’intérêts … et ne fait que permettre d’enrichir des données déjà existantes, ajoutées par d’autres contributeurs.

En d’autres termes, cette application vous permet d’enrichir OpenStreetMap de manière simple, rapide et ludique, sans besoin d’être geek ni cartographe dans l’âme, . Cette application est parfaite pour débuter (mais pas que), et est vraiment à la portée de tous !

Cette application est un logiciel libre et est disponible sur :

OSM Go ! (application Android en français) : Créez, modifiez, déplacer, supprimez, confirmer des points d’intérêts avec une facilité déconcertante !

Cette application complète idéalement Street Complete. Elle presque aussi facile à prendre en main que Street Complete mais ne fait pas la même chose. Grâce à elle, vous pourrez gérer (notamment créer) facilement les points d’intérêts d’OpenStreetMap : Un commerce, un restaurant, un arbre, une poubelle pour piéton, une borne à incendie, un banc, une statue, un monument aux morts, une fontaine, etc … Cette application vous permettra de mettre un pied de manière plus concrète dans la cartographie car vous allez grâce à elle, réellement « créer ». En somme, vous pourrez aussi, après avoir ajouté un point d’intérêt, renseigner le même genre de détails que ceux précisables depuis Street Complete, mais de manière moins ergonomique. Il vous faudra renseigner certains champs dont des « attributs ». Si cela vous paraît un peu compliqué, vous pouvez largement dans un premier temps, ne simplement créer les points d’intérêts, puis revenir les compléter après avec Street Complete.

Avertissement : Lorsque vous ajoutez ou déplacez un point d’intérêt, ne vous basez pas exclusivement sur la vue satellite car elle peut être en décalage avec l’emplacement des polygones des bâtiments, axes routiers … donc, ayez toujours un coup œil final sur la carte réelle pour mettre le point d’intérêt sur un bâtiment et pas en dehors, ou simplement sur le bon bâtiment qu’il y en a plusieurs côte à côte, ou encore du bon côté de la route, de la rue, ou du chemin, etc … vous imaginez bien que cela a de l’importance.

Note : Certains d’entre vous me demanderont pourquoi je mets donc dans cette rubrique « OSM Go ! » après « Street Complete » … sachant qu’en termes de flux de travail, les utilisateurs de « Street Complete » viennent compléter et enrichir les points d’intérêts créés avec « OSM Go ! ». Ma réponse est simple : « Street Complete » est en premier dans la liste car c’est de loin l’application la plus facile à utiliser, sans risque de faire de bourde.

iD (fonctionne dans votre navigateur, en français) : Le meilleur compromis entre ergonomie et puissance

id ne nécessite pas d’être installé car il s’agit d’un éditeur en ligne, utilisable par le biais de votre navigateur. Il s’agit tout simplement de l’éditeur directement accessible, par défaut sur OpenStreetMap.org lorsque l’on passe en mode « modifier ». Son ergonomie est simple et les fonctionnalités essentielles sont au rendez-vous. Les ajouts, modification et déplacement de points d’intérêts (commerces, bancs, arbres, restaurants, …), de lignes (routes, chemins, murs, haies, …) et de polygones (bâtiments, forets, zones industrielles, plages, …) sont faciles. Les fonctionnalités de redressement de ligne, de rotation, d’optimisation des angles droits, de décalage du fond de carte sont aussi présents. Il y a aussi la possibilité de superposer les données d’OpenStreetMap avec :

  • les plans du cadastre
  • les informations relevées sur le terrain avec Mapillary (ex : signalisation routière)
  • les images d’OpenStreetCam
  • etc …

Les propriétés de chaque élément peuvent être modifiées

Le seul inconvénient d’iD est que vous avez besoin d’une connexion internet digne de ce nom (suffisamment rapide et stable) pour travailler correctement.

Dernière chose : Si vous quittez votre navigateur, votre travail est sauvegardé en local, et, à la réouverture, il vous est proposé de le restaurer pour pouvoir continuer à travailler.

Éditeur iD
Éditeur iD

iD est bon pour …
– Lorsque vous effectuez des modifications simples
– Lorsque vous disposez d’un accès Internet rapide pour charger les images et enregistrer les modifications
– Lorsque vous voulez être sûr de suivre un schéma de marquage simple et cohérent
– Lorsque vous êtes empêché d’installer un programme sur l’ordinateur que vous utilisez

Traduction d’un passage de https://learnosm.org/en/beginner/id-editor/

Pour aller plus loin : JOSM (éditeur java pour Windows, Mac, Linux, en français) : Une puissance et des fonctionnalités accrues, pour les utilisateurs les plus aguerris

Ce logiciel Java doit être installé sur votre ordinateur. Il est très pointu, précis, et puissant. Il peut être enrichi de tout un tas d’extensions pour accroître son efficacité. Il vous donnera accès à toutes les fonctionnalités les plus expertes. Il surpasse réellement iD et ce n’est pas un hasard si les contributeurs les plus expérimentés l’utilisent. Une ne joue ici plus dans la cour des débutants, mais, si vous attrapez le virus de la contribution à OpenStreetMap, il est fort probable que vous l’utilisiez un jour.

Capture d'écran de JOSM en anglais ... mais rassurez-vous, il existe bien en français.
Capture d’écran de JOSM en anglais … mais rassurez-vous, il existe bien en français.

JOSM, c’est mieux…
– Lorsque vous ajoutez de nombreux bâtiments (voir le plugin buildings_tool)
– Lorsque vous modifiez de nombreux polygones ou lignes qui existent déjà
– Lorsque vous êtes sur une connexion Internet peu fiable ou hors ligne
– Lorsque vous utilisez un système de marquage spécifique (ou des préréglages personnalisés)

Traduction d’un passage de https://learnosm.org/en/beginner/id-editor/

« Go Map!! » pour iOS et « Vespucci » pour Android. Des éditeurs complet pour Smartphone et tablette

Ces applications sont un peu les équivalents d’iD ou JOSM pour smartphone et tablette. Elles permettent notamment le tracé des lignes (chemins, routes, haies, murs, clôtures, etc …) et des polygones (bâtiments, champs, forêts, etc …). Ces applications ont bonne presse, MAIS, et cela n’engage que moi … il me semble sur l’édition de ligne ou de polygones nécessite une précision qu’il est difficile d’obtenir sur terminal mobile, avec une dalle tactile … Outre cet aspect purement technique, … ont a aussi, pour le tracé de ligne et de polygones besoin d’être « posés », avec un matériel adapté. En d’autres termes, rien ne vaut une souris, un clavier, et un « grand » écran pour certaines de ces tâches minutieuses !

Voué à disparaître, donc à éviter : Potlatch 2

Populaire, Potlatch 2 fonctionne, comme iD, via votre navigateur. Fonctionnant grâce à la technologie Flash, il est voué à disparaître, car la technologie Flash est à l’abandon et sera très bientôt bannie par tous les navigateurs web. Ainsi, ne l’utilisez pas (plus).

Potlatch 2

Mes quelques conseils

Si vous utilisez « OSM Go ! », affinez le positionnement de vos POIs en vue carte car l’outil ne possède pas de fonction de correction du positionnement de la vue satellite (superposition entre vue carte et vue satellite toujours légèrement décalée). C’est la vue carte qui fait foi ! Dans iD, JOSM et autres applications qui le permettent, corrigez le décalage avant de travailler !

Ne tracez pas de chemin, rue, route, etc … sans trace GPX s’ils ne sont pas visibles (cachés par des arbres, etc …). Si nécessaire donc, munissez-vous de votre smartphone ou tout autre GPS capable d’enregistrer un parcours, puis chargez votre trace (fichier) GPX dans iD ou JOSM. Vous pourrez, par superposition, tracer ensuite une ligne, qui sera votre nouveau chemin, ou nouvelle route. Si vous n’êtes pas en mesure de tracer vous-même le chemin, vous pouvez mettre une note de carte à l’attention de tout autre éventuel contributeur qui pourrait s’en charger à votre place. Soyez aussi certain qu’ils n’ont pas été modifiés depuis la dernière photographie satellite sur laquelle vous vous basez (surtout en zone urbaine).

Trackbook pour Android (enregistrement tracés au format GPX)
Trackbook pour Android (enregistrement tracés au format GPX)

Prendre des notes photographiques pour cartographier plus tard à la maison : Certaines fois, vous vous rendez dans des lieux où vous vous dites que vous les cartographierez une fois rentré a maison (par manque de temps généralement, ou car certaines informations ne peuvent pas être ajoutées via les simples applications OSM Go, StreetComplete, etc …). Parfois, il y a pas ma mal de choses à répertorier, dont certaines sont à peine visibles sur la vue satellite, et/ou dont certaines vous sortiront de la tête d’ici votre retour à la maison. Dans ce cas, il faut prendre des notes … visuelles. Munissez-vous donc de votre smartphone (ou appareil photo classique). N’hésitez pas à photographier tout ce qui pourra vous aider à ne pas oublier (et à bien positionner les points d’intérêts, lignes et autres polygones en le recoupant avec les photos satellites), compléter, corriger, une fois rentré chez vous, avec l’éditeur iD ou JOSM. Avec votre smartphone, n’hésitez pas non plus à utiliser la fonction de photographie panoramique. Si votre application photo d’origine de votre smartphone ne le fait pas, vous pourrez facilement trouver une application qui le fait.

iD et JOSM permettent de superposer la cartographie OpenStreetMap avec une variété de fonds de carte (dont satellite) et autres données telles que OpenStreetCam (projet libre du même genre que Google StreetView), Mapillary (avec notamment sa base répertoriant l’emplacement et la nature de très nombreux panneaux routiers, dont les limites de vitesses) ou encore le cadastre. En ce qui concerne particulièrement les vues satellites, lorsqu’il y a un doute sur ce que vous souhaitez tracer ou positionner, n’hésitez pas à essayer d’autres vues satellites que celle de l’IGN, proposée par défaut. Les détails de certaines vues satellites sont, selon les pays, l’année, la météo, la position du soleil, plus ou moins faciles à lire et permettent certaines fois plus que d’autres, dans un cas précis, d’éliminer un doute. Attention toujours au décalage à corriger avec d’éditer !

Les panneaux de signalisation de Mapillary, dont certains peuvent être reportés sur OpenStreetMaps, ici avec l'éditeur iD.
Les panneaux de signalisation de Mapillary, dont certains peuvent être reportés sur OpenStreetMaps, ici avec l’éditeur iD.

Utilisez le GéoPortail, qui, je cite Wikipédia, « est un portail Web public permettant l’accès à des services de recherche et de visualisation de données géographiques ou géolocalisées. ». Il est un apport très intéressant de renseignements sur notre territoire et vous permettra de confirmer, et détailler certaines de vos contributions.

N’inventez pas ! Quand on ne connaît pas ce que l’on cartographie, on s’abstient ! Il en va de la fiabilité des données d’OpenStreetMap. Il faut privilégier la qualité à la quantité. On ne cartographie une zone inconnue que lorsqu’on est sur place et que l’on a pris des notes fiables (en vue de s’en occuper rapidement dès le retour à la maison, tant qu’elles nous restent en tête) ou que l’on connait bien l’endroit, ou, à défaut, que l’on a collecté et corrélé plusieurs sources d’informations fiables et à jour.

Ne cartographiez pas pour que la carte soit belle, mais pour qu’elle soit exacte et conforme à a réalité. Donc, ne mettez pas une de la pelouse à la place d’un par terre de fleur sous prétexte que les parterres de fleurs n’apparaissent pas par défaut sur OpenStreetMap et autres cartographies qui en sont issues. Cela fausse l’information et notamment certaines cartographies thématiques sur les espaces verts par exemple s’il y en a.

Consultez autant que nécessaire le wiki d’OpenStreetMap. C’est la documentation officielle d’OpenStreetMap. Elle est traduite en bonne partie (mais pas entièrement *). Elle vous permettra d’ajouter des points d’intérêts qui ne sont pas forcément et directement insérables dans iD ou JOSM, mais encore plus les applications telles que « OSM Go! ».
* N’hésitez pas à contribuer à sa traduction

Page du wiki concernant les ponts qu'il est possible de spécifier sur OpenStreetMap.
Page du wiki concernant les ponts qu’il est possible de spécifier sur OpenStreetMap.

Communiquez avec les autres contributeurs, via Telegram, IRC, Discord , etc … Vous n’êtes pas seul et la communauté est très sympa et réactive ; croyez-en mon expérience personnelle. Les quelques fois où j’ai posé une question sur le canal Telegram d’OpenStreetMap France, j’ai obtenu une réponse précise et cordiale dans la minute.

Groupe de discussion d'OpenStreetMap France sur Telegram
Groupe de discussion d’OpenStreetMap France sur Telegram

Ne cartographiez rien qui est « temporaire » !

Commentaires : 2

  1. monteyne dit :

    et installer l’app OSMAND avec ses cartes chargées localement sur le tel.
    Un grand pas en avant ( quand on a passé un peu de temps à explorer le programme)

    • admin dit :

      Je ne suis pas parvenu pour l’instant à apprécier OSMAND, pourtant après plusieurs tentatives ; je trouve l’interface « fouillis » et l’ensemble assez peu fluide.
      J’utilise et apprécie Maps.Me bien que celle-ci contienne pas mal de traceurs … dommage, car l’interprétation graphique des données OSM est somptueuse.
      Enfin, j’utilise pour mes déplacements « Magic Earth ». L’appli est propriétaire est mais ne contient a priori aucun traceur d’après Exodus Privacy.
      La qualité d’intégration des données OSM et l’UI mettent vraiment en valeur OpenStreetMap, donc le compromis en vaut la chandelle.

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